… ils ont étudié les plans, tracé, découpé, assemblé leurs pièces, leurs efforts et leurs rires pour enfin présenter ce magnifique travail de longue haleine, et dont ils souhaitent enrichir encore les finitions l’an prochain…
Le blog de Lettres du lycée Marguerite Duras
… ils ont étudié les plans, tracé, découpé, assemblé leurs pièces, leurs efforts et leurs rires pour enfin présenter ce magnifique travail de longue haleine, et dont ils souhaitent enrichir encore les finitions l’an prochain…
Alice au pays des Merveilles, le célèbre récit de Lewis Carroll paru en 1865, a été traduit en français en 1869 et plusieurs fois adapté au cinéma (la meilleure adaptation étant naturellement celle du tchèque Jan Švankmajer en 1988…)
150 ans après la première traduction française de ce texte hors normes, les élèves de 5ème du lycée Marguerite Duras à Ho-Chi-Minh-Ville proposent aujourd’hui ces
un recueil de textes à contraintes inspirées de situations alicieuses, lesquelles donnent désormais leur nom à quelques jeux d’écriture oulipiens comme les Trous de lapins, les Chiens sans niche, les Queues de souris, ou les Sourires de chats…
Ces textes ont été écrits par plusieurs classes de 5èmes entre 2016 et 2019. Il ont été rédigés collectivement par la classe à partir de premiers jets individuels retravaillés avec le souci maniaque de la perfection – la contrainte étant finalement un moyen de ne pas se satisfaire de ce que l’on a, comme il est essentiel de ne pas l’être.
Nous déplorons d’ailleurs une coquille dans ce recueil, et nous laissons au lecteur attentif le soin de la découvrir.
Fabien GIARD, professeur de Français des 5A et 5B
PS: Il existe une version imprimée de ce livre, appelé à devenir rare et à prendre de la valeur. Estimez-vous heureux si vous en avez un et conservez-le précieusement.
Dans le cadre de la séquence sur la poésie lyrique en classe de quatrièmes A et D, les élèves étaient invités à rédiger des poèmes courts, notamment sur le modèle du Haïku japonais, qui cherche à exprimer l’émotion d’un instant intime en quelques vers pouvant être lus en un seul souffle. Cet atelier d’écriture avait aussi pour but de travailler sur les règles de la versification : la mesure du vers, les accents, la disposition et la richesse des rimes. Pour chacun des poèmes, un ou deux vers, selon ta taille de la strophe, étaient donnés pour être poursuivis selon l’ inspiration personnelle de chacun, mais en gardant le registre, la mesure et la richesse des rimes du ou des premiers vers. La seconde partie de l’atelier proposait d’écrire des poèmes courts « en liberté » avec pour seule contrainte de donner au poème un registre lyrique amoureux ou élégiaque. C’est ainsi qu’est né le recueil Éclats de vers.
Xavier VUILLERMET, professeur de Français des 4A et 4D
Chacun sait qu’un mystérieux chat du Cheshire tient de curieux propos à la curieuse Alice, dans le célèbre récit de Lewis Carroll. Qui plus est, ce chat disparaît, mais son sourire demeure, flottant dans le vide.
Nous inspirant de cette situation, nous avons imaginé le jeu d’écriture suivant : d’abord écrire une phrase contenant le mot sourire et disposée en sourire dans la page ; puis, pour la faire disparaître, écrire par dessus un texte masque qui réutilisera les mots de cette phrase, mais pris dans un autre contexte grammatical ou sémantique. Ainsi, la phrase est là sans être là… seule la couleur ou telle autre modification typographique en rappelle la présence, qui peut se lire selon la courbe du sourire.
Les 10 textes présentés ici en sont quelques exemples produits en 5A et 5B: Sylvie et Annabella à partir d’un sourire de MAI Minh Anh et d’un masque de VINH TON NU Kathy, Le Poilu héroïque à partir d’un sourire de Martin DUMAS et des masques de Léna CHERVILLE et Bernard BUI, La coccinelle des bois à partir d’un sourire de OH Ji Won et d’un masque purement collectif, Les goinfres à partir d’un sourire d’on ne sait plus qui et d’un masque de MAI Minh Anh, Les compliments à partir d’un sourire de Luna GREEN et d’un masque de Leyla HOANG, Sous la lune à partir d’un sourire et d’un masque de Viêt Duy LE DERENNE, Tommy et Jeremy à partir d’un sourire de Sathine VAGBA LEGA et des masques de Viêt Duy LE DERENNE et Alain BROD, Bibi le babouin à partir d’un sourire de Léo AUCANTE et des masques de Julie CABANAT, Loé LARSEN MATSUMOTO et CHOI Eun Seo, L’employé de bureau à partir d’un sourire de HONG Hoang Khoi et des masques de Charlotte GRESWOLD et Myan CAPA, La vérité du loup à partir d’un sourire de David TRAN et d’un masque de CHOI Eun Seo. Mais il s’agit d’écritures collectives: à partir de ces propositions d’élèves combinées entre elles, tous les autres élèves de la classe étaient invités à y apporter toute amélioration possible, à proposer leurs solutions pour résoudre tel ou tel problème d’expression, sous la direction et parfois avec l’aide du professeur, jusqu’à parvenir à un état du texte satisfaisant.
Le grand intérêt de cette contrainte d’écriture (contrainte assez difficile à satisfaire, comme s’en rendra compte celui qui voudra s’y essayer) tient au fait que pour intégrer les mots ou syllabes arbitrairement fixés dans le texte, et surtout respecter les distances imposées entre eux ou entre elles (tout écart entraînant une malencontreuse déformation du sourire) le rédacteur est obligé de pousser très loin sa réflexion sur la cohérence logique du texte, et de mener cette réflexion d’ensemble en étroit accord avec la réflexion syntaxique et lexicale, à l’échelle de la phrase. La progression se fait de plus en plus ardue au fur et à mesure des obstacles que le masque rencontre en franchissant le sourire, de sorte qu’il faut parfois changer l’ensemble à partir du détail, écrire de droite à gauche, aller chercher loin la prise magique qui, ainsi qu’une petite écaille imperceptible, permet à l’alpiniste de franchir un surplomb. Un autre intérêt est que cette activité oblige à prendre conscience des ressources dont dispose le cerveau collectif de la classe, ainsi que du temps qu’il est absolument nécessaire de perdre pour obtenir les meilleures solutions: pinailler et piétiner, en littérature, c’est avancer. D’abord, il faut savoir poser clairement les termes du problème rencontré localement, puis baliser et explorer plusieurs pistes possibles pour résoudre celui-ci, et enfin faire notre choix parmi toutes les solutions mises en concurrence et soigneusement évaluées selon leurs mérites respectifs: quand il faut un quart d’heure, ou plus, pour trouver un mot, il est d’autant plus précieux!
Fabien GIARD, professeur de Français des 5A et 5B
Lors de la semaine de la francophonie, et pour la première fois au LFI Duras, le mercredi 20 mars était consacré à un concours d’éloquence.
Éloquence ? Kesako me direz vous ? Comme le grand orateur Cicéron, il s’agit de présenter un discours public, argumentatif ou polémique, dans le but de convaincre son auditoire.
Inspirés par la muse Calliope, les élèves se sont affrontés par âge et par catégorie du CM2 à la terminale. Des discours aux sujets variés et inattendus, un public et des jurys attentifs, des parents d’élèves ravis ; une belle journée, riche en rires et en émotions !
En témoigne cette captation vidéo du discours gagnant dans la catégorie lycée.
L’équipe de lettres remercie vivement les participants ainsi que le public et les collègues.
Émilie VITAL
| catégorie 1 | catégorie 2 | catégorie 3 | catégorie 4 |
|---|---|---|---|
| Premières Pham Léa & Ralainarivo Anaïs (6B) | Premier Carrasco Martin (4D) | Première Kang Eun Bee (3A) | Premier Treluyer Arthur (1L) |
| Deuxième Minh (CM2) | Deuxième Sismondi Salomon (4C) | Deuxième Chouysky Victoria (3C) | Deuxième Touraine Vadim (1ESB) |
| Troisième Jeanne (CM2) | Troisième Perodou Alexeï (4C) | Troisième Nguyen Solène An (3A) | Troisième Treluyer Morgane (2C) |
| Quatrième Marjorie (CM2) | Quatrième Socrun Horace (2C) |
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Philip AUCANTE, élève de 2nde A
Y ont participé les classes de 5A et de 5B, soit une cinquantaine d’élèves, parmi lesquels 5 seulement ont été retenus, par un jury de professeurs qu’il convient de remercier pour leur bonne volonté et leur curiosité à l’égard des productions littéraires des élèves: Mme Andréis, Pr. de Latin et de Français, M. Aucante, Pr. d’Arts plastiques, M. Beau, Pr. de Mathématiques, M. Carrier, Pr. d’Histoire Géographie, M. Dallot, Pr. De Flsco, M. Foucher, Pr. de Mathématiques, Mme Guyomarch, Pr. d’Espagnol, M. Lapauw, Pr. d’Anglais, M. Le Louët, Pr. d’EPS, M. Maday, Pr. d’EPS, Mme Sismondi, Pr. de Français, Mme Vital, Pr. de Français et de Théâtre, M. Vuillermet, Pr. de Français.
De leur lecture attentive et de leur analyse des mérites comparés des textes des élèves – à quoi s’ajoute bien sûr le parti-pris subjectif de tout lecteur qui fait que tel lecteur s’attache à tel texte et tel autre lecteur à tel autre texte – est ressorti, par superposition des classements personnels de chaque membre du jury, le classement final suivant:
Félicitation à eux pour ce premier succès, qui espérons-le sera suivi par d’autres, cette année ou les suivantes, car notre établissement propose de nombreux autres concours d’écriture divers et variés!
Fabien GIARD
Nos collégiens latinistes (5e-4e-3e) participent au projet EPISTULAE, tenté cette année entre latinistes d’ici et d’ailleurs : nos correspondants résident en France (Collège Boris Vian de Mezidon Canon en Normandie).
Voici les premières productions de nos élèves, d’une rare qualité artistique ! Cette première lettre adressée à leurs pairs a été entièrement rédigée en latin : une belle performance également ! Bravo à tous !
Les professeurs de Lettres Classiques, Céline NGUYEN et Sarah DUCOS
Le mercredi 21 novembre, les élèves de Seconde A, accompagnés de leur professeur de français, Madame Ducos, ont eu la chance de participer à un Atelier “cyanotype” animé par Monsieur Aucante et ses élèves. Le résultat est étonnant! Certains clichés ont été choisis dans le cadre d’un travail d’écriture sur soi. Ils représentent des souvenirs d’enfance et font écho à des textes écrits en cours de français, sur le modèle d’Anny Duperey qui, dans Le Voile noir, associait ses souvenirs d’enfance à des photographies familiales.
Vous pouvez admirer le résultat dans le recueil des 2ndes A: Photographies d’enfance. N’hésitez pas à laisser vos commentaires, les élèves seront heureux de les lire!
En français nous avions à résumer Le lac né en une nuit, cette fameuse légende vietnamienne qui explique pourquoi un petit temple a été construit sur un lac. La connaissez-vous ? La voici, toute la classe s’y est mise pour écrire collectivement ce petit résumé :
Tiên Dung est une princesse belle comme une fée, mais elle ne veut pas se marier car elle préfère voyager. Un jour, elle s’arrête sur une plage pour prendre son bain et se retrouve nez à nez avec un garçon tout nu.
Ils étaient si pauvres, explique Chu Dông Tu, le garçon, que son père et lui n’avaient qu’un vêtement pour deux ; son père mort, il l’a enterré avec ce seul habit pour linceul. Il vit caché ici depuis deux ans, sans argent, sans même un pagne… Aussitôt, touchée par une telle piété filiale, elle décide de se marier avec lui.
Après avoir appris cette nouvelle le roi entre dans une grande colère contre sa fille et la condamne à mort. Tiên Dung reste donc au village pour vivre de la pêche avec son mari. Celui-ci décide de partir en voyage pour faire fortune mais rencontre en chemin Phât Quang, un maître bouddhiste auprès de qui il demeure un an. De retour chez lui, chargé de lingots, il apprend pourtant à sa femme le mépris des richesses.
Ils partent alors avec le bâton et le chapeau conique que le moine lui avait légués. S’endormant un jour sous ce chapeau, ils se réveillent dans un magnifique palais. Le roi décide de partir en guerre contre sa fille qu’il considère comme une rivale. Mais au matin, l’armée constate que le château a disparu : à la place se trouve un lac. Regrettant sa faute, il fait construire un petit temple non loin de ce lac né en une nuit.
Bagou, qui n’était pas très attentif en classe, a cru qu’il fallait transformer ce récit en poème, et il y a passé la nuit ! Voici le résultat, à vous de juger si c’est réussi :
Belle comme une fée mais pas forcément sage,
Voici notre princesse : C’est Tiên Dung tout craché.
Ne voulant se marier elle alla à la plage ;
C’est là qu’elle trouva – nu ! – un garçon caché…
« Mon père et moi n’avions qu’un vêtement pour deux,
Expliqua Chu Dông Tu: il devint son linceul.
Je vis caché ici depuis deux ans, tout seul… »
Elle l’épousa donc, et hop, en moins de deux !
En apprenant cela, le roi se mit en rage.
Elle eut peur et voulut rester simple pêcheuse;
Lui partit, fit fortune, rêvant de vie heureuse,
Mais jeta ses lingots: Quel bouddhiste très sage !
Comme des pèlerins, à la main leur bâton,
Ils partirent ensemble, dormant sous leur chapeau…
Un matin ils s’éveillent, surpris, dans un château !
Le père l’attaqua, mais ne trouva qu’un lac
Calme et vert à la place. Comme il avait le trac,
Le roi perdit sa rage et demanda pardon :
Le reflet d’un temple
danse
parmi les lotus
Tiens, tout le poème est en alexandrins, mais ces derniers vers ressemblent à un haïku. Bagou est vraiment le digne successeur de Bashô et Buson…
(Et vous voulez qu’on vous dise un secret : en fait, Bagou c’est nous!)
La classe de 6ème A