Grain de riz n°20: Chronique des Sixièmes à ressort n°5: Un poème né en une nuit

Bonjour à tous

En français nous avions à résumer Le lac né en une nuit, cette fameuse légende vietnamienne qui explique pourquoi un petit temple a été construit sur un lac. La connaissez-vous ? La voici, toute la classe s’y est mise pour écrire collectivement ce petit résumé :

Tiên Dung est une princesse belle comme une fée, mais elle ne veut pas se marier car elle préfère voyager. Un jour, elle s’arrête sur une plage pour prendre son bain et se retrouve nez à nez avec un garçon tout nu.

Ils étaient si pauvres, explique Chu Dông Tu, le garçon, que son père et lui n’avaient qu’un vêtement pour deux ; son père mort, il l’a enterré avec ce seul habit pour linceul. Il vit caché ici depuis deux ans, sans argent, sans même un pagne… Aussitôt, touchée par une telle piété filiale, elle décide de se marier avec lui.

Après avoir appris cette nouvelle le roi entre dans une grande colère contre sa fille et la condamne à mort. Tiên Dung reste donc au village pour vivre de la pêche avec son mari. Celui-ci décide de partir en voyage pour faire fortune mais rencontre en chemin Phât Quang, un maître bouddhiste auprès de qui il demeure un an. De retour chez lui, chargé de lingots, il apprend pourtant à sa femme le mépris des richesses.

Ils partent alors avec le bâton et le chapeau conique que le moine lui avait légués. S’endormant un jour sous ce chapeau, ils se réveillent dans un magnifique palais. Le roi décide de partir en guerre contre sa fille qu’il considère comme une rivale. Mais au matin, l’armée constate que le château a disparu : à la place se trouve un lac. Regrettant sa faute, il fait construire un petit temple non loin de ce lac né en une nuit.

Bagou, qui n’était pas très attentif en classe, a cru qu’il fallait transformer ce récit en poème, et il y a passé la nuit ! Voici le résultat, à vous de juger si c’est réussi :

Belle comme une fée mais pas forcément sage,
Voici notre princesse : C’est Tiên Dung tout craché.
Ne voulant se marier elle alla à la plage ;
C’est là qu’elle trouva – nu ! – un garçon caché…

« Mon père et moi n’avions qu’un vêtement pour deux,
Expliqua Chu Dông Tu: il devint son linceul.
Je vis caché ici depuis deux ans, tout seul… »
Elle l’épousa donc, et hop, en moins de deux !

En apprenant cela, le roi se mit en rage.
Elle eut peur et voulut rester simple pêcheuse;
Lui partit, fit fortune, rêvant de vie heureuse,
Mais jeta ses lingots: Quel bouddhiste très sage !

Comme des pèlerins, à la main leur bâton,
Ils partirent ensemble, dormant sous leur chapeau…
Un matin ils s’éveillent, surpris, dans un château !

Le père l’attaqua, mais ne trouva qu’un lac
Calme et vert à la place. Comme il avait le trac,
Le roi perdit sa rage et demanda pardon :

Le reflet d’un temple
danse
parmi les lotus

Tiens, tout le poème est en alexandrins, mais ces derniers vers ressemblent à un haïku. Bagou est vraiment le digne successeur de Bashô et Buson…

(Et vous voulez qu’on vous dise un secret : en fait, Bagou c’est nous!)

La classe de 6ème A

Grain de riz n°19: Le parc hanté, un récit des élèves de Flsco de 6ème B

Les élèves de Flsco 6B,

Blanchard Mario, Brod Nguyen Quy Alain Long, Larrouy Julien, Le Derenne Viet Duy, Pham Thanh Vinh Richard, Quach Anne Marie, Roemer Emma, Tran Mico Sacha, Vo Phuoc Emmy Mai Ly,

ont écrit ce petit texte d’imagination au passé en utilisant les temps du passé composé et de l’imparfait.

D’abord, ils ont choisi les éléments de leur histoire :

1/ une héroïne : Axelle, 14 ans
2/ un lieu : un parc d’attractions
3/ un objet : une clé
4/ un ami : un chien, Robert
5/ un événement malheureux : Axelle se perd
6/ un événement heureux : elle retrouve son chemin.

Puis, les élèves ont choisi collectivement le plan de leur histoire.

Enfin, par groupe de deux, ils ont écrit les paragraphes de l’histoire. Les groupes devaient communiquer entre eux afin d’assurer la cohérence des parties de l’histoire.

La correction du texte a été collective, chaque paragraphe a été projeté à l’écran et les élèves ont pu ainsi corriger leurs propres erreurs.

Christophe DALLOT, professeur de Flsco

Le parc hanté

Axelle était une fille de quatorze ans, elle vivait à Los Angeles avec ses parents. Elle avait des cheveux blonds avec une mèche bleue et une mèche rose. Elle était très grande et mince. Elle avait des yeux turquoise et de petites lèvres roses. Elle portait un jean bleu clair avec un t-shirt rose clair court. Elle était curieuse et peureuse parce qu’un jour elle était allée dans une grotte pour voir s’il y avait un monstre, mais, au premier bruit, elle s’était évanouie.

Ce matin-là, quand Axelle s’est réveillée, elle a décidé d’aller au parc d’attractions parce qu’elle s’ennuyait. Elle voulait appeler ses amies, celles-ci n’étaient pas libres. À huit heures, elle s’est préparée et deux heures plus tard c’était le départ. À dix heures, elle a pris sa limousine et elle est partie au parc. Quand elle est arrivée, elle était très excitée. Le parc était énorme, deux ou trois manèges avaient l’air d’être super comme le manège fantôme ! Le manège Barbie et le manège Nemo ! Axelle s’est amusée toute la journée. Elle a fini par le manège fantôme… C’était très sombre et effrayant. Quand elle est entrée, elle a commencé le manège…

Le train était noir, devant, il y avait une tête de dragon avec des flammes vertes sur les côtés du train. Elle a voulu faire un tour, pour cela elle a commencé le tour toute seule parce qu’il n’y avait pas beaucoup de monde au parc. Au début, tout s’est bien passé mais tout à coup le train s’est arrêté à cause d’une panne. Malheureusement, elle était rentrée dans la maison hantée, le manège le plus effrayant du parc d’attractions. Il n’y avait personne alors elle a crié pour qu’on puisse l’aider, mais personne ne lui a répondu. Elle avait très peur et en plus son téléphone n’avait pratiquement plus de batterie. Elle a regardé sa montre et elle s’est rendue compte qu’il était très très tard, il était environ minuit. Elle a commencé à paniquer, puis, elle est allée dans le centre de la maison hantée et quelque chose l’a stupéfiée : un tableau avec sa chanteuse préférée.

Elle se trouvait devant le tableau dans la maison hantée à minuit et elle sentait qu’une personne l’observait, elle sentait une respiration dans son dos. D’un seul coup, elle s’est retournée et elle a vu une ombre mystérieuse. Elle a pris peur et elle a couru et elle a vu quelque chose qui la poursuivait, elle était terrorisée. Comme l’ombre la rattrapait, elle s’est arrêtée à cause de la fatigue. L’ombre était un chien, il avait un collier, il s’appelait Robert.

Elle regardait Robert et elle s’est demandée d’où il venait. Il a recommencé à courir mais Axelle l’a rattrapé car elle ne voulait pas être toute seule. Robert a fait un effort pour courir plus vite et il a réussi à la distancer. Axelle a décidé de le laisser partir pour voir où il allait et elle a commencé à le suivre de nouveau. Elle s’est retrouvée dans les toilettes et elle a compris que Robert l’amenait là. Une fois à l’intérieur, elle a entendu des bruits : quelqu’un grattait à la porte. Elle a regardé autour d’elle et elle a vu une clé posée à côté du robinet, elle l’a prise et s’est enfermée dans les toilettes. Après quelques minutes, elle est sortie car Robert le chien aboyait. Elle a continué à suivre le chien, qu’il l’a emmené devant une autre porte.

Axelle a voulu ouvrir cette porte, elle a inséré la clé qu’elle venait de trouver dans la serrure et puis, petit à petit, la porte s’est ouverte. Alors, une lumière en est sortie et une fois la porte ouverte, Axelle a vu une licorne dans un jardin. Elle a regardé sa montre, il était six heures du matin. Peu de temps après, elle se trouvait au milieu de ce jardin. Elle voyait sur son téléphone allumé qu’il était trois heures de l’après-midi. Elle se posait la question si elle était dans un rêve ou dans la réalité. Alors elle a regardé l’heure à nouveau, et, là, elle s’est rendue compte que c’était un rêve et elle s’est réveillée dans son lit. Sur l’horloge du mur il était marqué huit heures du matin. Elle est descendue dans le salon et ses parents étaient devant la télévision. Puis, elle est remontée dans sa chambre, elle s’est assise sur son lit et elle a entendu quelque chose gratter à sa porte. C’était Robert! C’était le nouveau chien que ses parents venaient d’acheter!

Grain de riz n°18: Prix des Journaux de Lectures 2018

Comme chaque année tous les élèves de 6ème et de 5ème ont tenu un journal de lectures avec l’aide de leurs professeurs de français.

Ce carnet de bord illustré recueille leurs avis sur les œuvres imposées par le programme ou bien celles qu’ils ont pu faire par eux-mêmes. Ils ont ainsi pu s’essayer non seulement à l’art de l’illustration, mais aussi à celui fort délicat de formuler un compte-rendu vivant et un jugement circonstancié.

On a retenu et classé les 4 meilleurs journaux des 3 classes de 6ème et les 3 meilleurs journaux des 4 classes de 5ème. Voici donc les 12 lauréats de 6ème et les 12 lauréats de 5ème

Fabien GIARD

Grain de riz n°17: Poèmes à la manière de Poslaniec

Le point de départ : lire les conseils du poète Christian Poslaniec

« Dessiner avec des objets

On rassemble une quinzaine d’objets, n’importe lesquels, ramassés n’importe où. Par exemple : un dé à coudre, deux coquelicots, un crayon de couleur jaune, un caillou, un peigne, un bout de ficelle, un canif, etc. Ensuite on dispose ces objets par terre, ou sur une table, en cherchant à faire un dessin : un visage, un paysage, une maison, un oiseau, une main… n’importe quoi, et même un dessin qui ne ressemble à rien.
Puis on regarde longtemps et on laisse les idées monter toutes seules dans sa tête. Quand elles viennent, on écrit. »

(Poèmes tout frais pour les enfants de la dernière pluie, 1993)

Les élèves ont ensuite vérifié s’ils avaient bien compris la méthode en recherchant les différentes étapes de création : Rassembler des objets ; disposer les objets pour former un dessin ; regarder longtemps le dessin ; laisser les idées monter dans la tête ; écrire le poème.

Les élèves ont ensuite lu l’exemple de Christian Polsaniec pour les objets cités plus haut :

« Vieil ogre au sourire de peigne
Tes yeux rouges ne me font pas peur
Et puis ton nez est bien trop lourd
Pour que tu ouvres grand la bouche.
Si tu m’embêtes
Je te plierai en quatre, en huit,
Comme un canif,
Je te ferai entrer tout cru
Tout au fond de mon dé à coudre,
Et d’un seul trait de mon crayon
Je te ferai sourire jaune. »

(Poèmes tout frais pour les enfants de la dernière pluie, 1993)

A leur tour, enfin, les élèves ont choisi 4 à 5 objets afin de suivre la méthode Polsaniec. Leur poème devait évoquer un dessin comportant au moins trois de ces objets et en jeu de mots, inspiré par l’un des objets.

Voici les poèmes ainsi obtenus par les élèves de 6ème B:

Sara SISMONDI, professeur de Français en 6ème B

Grain de riz n°16: Lauréats du concours d’écriture Pousse-crayon 2018 (ou comment le Y l’emporte…)

Pousse-crayon, Le concours d’écriture de 5èmes , avait cette année pour thème: “Le collège idéal, ou la ville idéale”.

Les productions ont été surprenantes et diverses, et sur les quelques 80 élèves des trois classes participantes, seuls 4 textes ont été retenus: 1 dans la série Flsco, 3 dans la série ordinaire. La sélection des textes de la série ordinaire s’est faite en deux temps: d’abord une présélection d’une classe par une autre, puis le classement final des 9 textes ainsi présélectionnés, par un jury de professeurs volontaires, professeurs de Français mais aussi de Maths, d’EPS et d’Anglais.

Remercions donc avant de lire les textes retenus les 7 membres de ce jury: Mme Nguyen Andreis, M. Beau, M. Giard, M. Lapauw, M. Le Louët, Mme Sismondi, Mme Vital.

Voici maintenant les textes des lauréats:

On remarquera bien évidemment que les noms des trois gagnants finissent cette année par la lettre y!

Et dans la série Flsco:

  • Le perdu sur le désert, de Ngo Dinh Hieu An (5B)

Affûtez vos crayons pour l’année prochaine!

Fabien GIARD, professeur de Français en 5ème A / Émilie VITAL, professeur de Français en 5ème B

 

Grain de sel n°11: Lancement du journal Năm giờ!

Aujourd’hui, ​venez découvrir notre journal ​!

La classe de 1ES/L travaille sur un journal en ligne avec de nombreux articles qui évoquent différents événements passés, et présentent des professeurs et membres​ du collège/lycée. ​

Ce projet est réalisé par les élèves (et encadré par M. Dumesnil) pour les élèves, afin de créer un espace de partage chouette entre nous.

Vous retrouverez des interviews, portraits, reportages, caricatures, bandes dessinées et billets d’humeur, et nous vous faisons la promesse de mettre le site à jour avec plein de nouveaux articles toutes les deux semaines !

Nous vous invitons à lire nos articles, mais aussi à laisser des commentaires​ ​!

 

Les élèves de 1ère ES/L

Grain de sel n°10: Semaine de la francophonie

Cette année, les élèves du LFI Duras ont célébré la langue et la littérature françaises dans le cadre de projets riches et variés : récitations, lectures à voix haute, concours de poésie… Ainsi, les élèves du primaire et du secondaire ont composé plus de 300 poèmes (acrostiches et calligrammes), évoquant avec une sensibilité toute personnelle l’univers que leur révélait un mot de la langue française ou partageant avec nostalgie et passion un morceau de fromage au goût bien français. Un grand moment de création et de partage dont vous aurez quelque idée à la lecture des poèmes primés et de quelques autres…

Céline NGUYEN-ANDREIS

CE1CM1 - CM2 - 6ème5ème - 4ème - 3ème
Tour Eiffel, de Evy et Clara
Paris, de Frida et Tao
Ouessant, de Maeline et Juheon
Marseille, de Léopaul et Phuong Nghi
Aix-en-Provence, de Maxence et Khue
Verdun, de Valentin
Québec, de Louis
Pastèque, de Thu Linh
Paris, de Maria
Panda, d'Elisa
Marmotte alpine, de Julia
Licorne arc-en-ciel, de Lana
Liberté, de Carla
Les Pigeons à Paris, d'Elijah
Lampion, de Maïka
La Lorraine, d'Emma
Fromage, de Léna
École française, de Lola
Bretagne, d'Alain
Boulanger, de San San
Art, de Mai Chi
Arc-en-ciel, d'Emmi
Si j'étais..., des 5èmes C
Queue de souris, des 5èmes A
Incandescent, de Hai Dang
Imaginaire, de Juliette
Hallucination, de Hieu An Dinh
Fromage, de Viviane
Constellation, de Ha Giang
Bretagne, de Louna
Baguette, de Charlotte
Arc-en-ciel, de Thuy Duong

Grain de sel n°9: Chronique des Sixièmes à ressort n°4

Bonjour à tous ! Nous sommes de retour : Chronique des 6èmesA, hashtag Bagou en sport.

Bagou nous surprend vraiment… surtout en EPS. Nous qui pensions qu’il n’aimait pas le sport, au contraire, il en raffole ! Il adore les roues, les roulades et les rondades. Quand nous avons fait trois tours du gymnase, lui en a fait six ! Quand Lola lance le vortex à 10 mètres, Bagou le lance à 20. Quand on fait du pentabond, lui fait du décabond…

Mardi on avait natation. Avant de plonger dans l’eau il faut se doucher et se mettre en maillot. Lui, rapide comme un guépard, avait fait tout ça en trois minutes seulement. Quand tout le monde a été prêt, M. Le Louët nous a fait faire des plongeons. Évidemment, il y a plus d’élèves que de plongeoirs. Il s’est précipité vers l’un d’eux, pour être le premier dessus. Il n’était pas seul car il y avait cinq plongeoirs. Quand le prof a donné le départ d’un coup de sifflet, tout le monde s’est élancé. Les autres avaient déjà presque atteint l’autre extrémité de la piscine, que Bagou était toujours dans la même position.

Il avait le vertige !

Bagou avait attendu tellement longtemps ce jour-là : c’était enfin la Course du Printemps ! Dès 6h00, Bagou était déjà arrivé au Lake View : il n’y avait personne… Il pensait qu’il était en retard ; au contraire il était en avance, car sa montre n’était pas à l’heure. Comme il croyait avoir raté le départ, il a foncé pour rattraper les autres. C’est ainsi que Bagou a fait 10 km de trop quand il est arrivé à la réception où tout le monde s’apprêtait à partir.

Parmi les 700 participants il avait reçu, comme par hasard, le numéro 3331. Dès que M. Onana a lancé le signal, Bagou s’est rué dans le mauvais sens. Le public essayait de le prévenir mais avec ses écouteurs il n’entendait que des zézaiements et chuchotements d’encouragements. Mais lui, sans tenir aucun compte de ces avertissements, imperturbable, le sourire aux lèvres, il a continué son chemin, tant et si bien qu’il s’est complètement fourvoyé…

Il est parti à droite…

Puis à gauche…

Puis il a continué tout droit…

Puis finalement il est retourné sur ses pas et c’est à ce moment là qu’il s’est rendu compte qu’il était bel et bien perdu. Il se trouvait au beau milieu d’une jungle sauvage et inextricable. Du coup, il a grimpé sur un arbre pour retrouver son chemin. Apercevant les autres au loin, il s’est élancé de liane en liane et a réussi à les rejoindre. Mais bientôt il a encore bifurqué en suivant un petit papillon multicolore qui allait vers le District 1. Il est passé par Saigon Pearl, il a acheté de petits souvenirs à Cho Ben Thanh, il a visité la Cathédrale et la Poste Centrale, il a assisté à un concert à L’Opéra, et enfin il est monté à la tour Bitexco pour, encore une fois, retrouver son chemin. De là il a pris l’hélicoptère qui l’a ramené au Lake View. Il a sprinté pour rattraper ses camarades (Il faut dire qu’il a un peu triché en traversant le jardin de chez Lola…) Il a ainsi pu dépasser Mme Floquet, M. Aucante et M. Giard qui ahanaient dans la boucle autour du lac, il a sauté par dessus Léo, par dessus Lola, par dessus Sathine, et dans la dernière ligne droite il est passé devant M. Roux (qui est arrivé troisième), devant Mme Sismondi (qui est arrivée seconde), de sorte qu’il a franchi premier la ligne d’arrivée sous les applaudissements de la foule.

Applaudissez Bagou vous aussi !

La classe de 6ème A

1Comme chacun sait ce nombre désigne aussi une célèbre marque de bière au Viêtnam et se prononce « Bababa »…

Grain de riz n°15: Chronique des Sixièmes à ressort n°3

Chers internautes

Les 6ème A sont de retour ! Nous avons une nouvelle chronique à vous raconter…

Vous vous souvenez qu’on était 24 quand on a écrit notre première chronique? En écrivant celle-ci nous sommes 25, car un nouvel élève est arrivé dans notre classe !

C’était un petit matin comme les autres au LFI Duras : comme d’hab on était fatigué… Soudain on frappe à la porte : M. Larivière arrive devant nous et dit: « Bonjour à tous, je viens vous annoncer que ce nouvel élève sera un de vos camarades, il s’appelle Bagou. » Il nous regardait droit dans les yeux avec aplomb, son sac sur le dos et le sourire aux lèvres. Puis, il est allé s’asseoir à côté de Mathéo.

Hugo a levé la main: « D’où tu viens? » Le nouveau a répondu haut et fort: « De Hanoï ! Mon ami Minh m’a chargé de vous souhaiter Chuc mung nam moi ! »

« Je vois que tu parles vietnamien, a dit le professeur. Connais-tu l’histoire du gâteau du Têt ?

– Oui, j’ai même fait un exposé sur cette histoire et je vais vous la raconter tout de suite : Cette histoire se passe à l’époque du 6ème roi Huong Vuong. Ce roi là était un roi très gourmand, il voulait tout le temps manger. Mais un jour, il en a eu assez de manger toujours la même chose. Le lendemain matin, il a décidé de lancer un concours pour ses vingt fils: le concours du meilleur plat. « Celui qui gagnera prendra ma place sur le trône ; et moi je resterai tranquillement au lit à manger les délicieux mets que vous m’aurez préparés… » Ils étaient tous d’accord. Le premier fils dit: « Je grimperai au sommet de la plus haute des montagnes pour cueillir les bananes de Zeus ! » Le second dit : « J’irai au fin fond de l’Antarctique pour cambrioler le frigo du père Noël ! » Le troisième dit : « Je ferai un Tartare de Licorne ! » Bref, ainsi de suite jusqu’au 16ème qui s’est avancé timidement devant son père, puis après s’être incliné devant lui, a proposé la recette suivante : « Je vais prendre du riz gluant et le nettoierai dans une eau très pure, puis je le ferai cuire à la vapeur. Quand ce sera fait, j’en pétrirai deux gâteaux. Au premier je donnerai une forme ronde, évoquant la voûte céleste – ce sera un hommage aux bienfaits du ciel. Quant au second, je le façonnerai en carré, symbole de la terre nourricière. Je garnirai l’intérieur de ces gâteaux d’une farce composée de haricots broyés, d’oignons, et de viande de porc mêlant gras et maigre. J’envelopperai le tout de feuilles de bananier, et le ferai cuire à l’étuvée tout un jour et toute une nuit1. – Quelle idée de génie, dit le roi ! Je suis impatient de goûter ces deux gâteaux. Tu as bien choisi les ingrédients, ils sont simples, faciles à trouver. Te voilà roi : tiens, prends ma place ! »

Tous les élèves, attentifs à son histoire, ont alors applaudi, même le professeur. Bagou a salué la classe avec un grand sourire. Il était assez content de lui, on le voyait dans ses yeux. « Bravo et merci Bagou de nous avoir raconté cette histoire, dit le professeur, tu as bien parlé, même si tu as introduit quelques détails un peu frivoles… » Et toute la classe s’est mise à rire.

La classe de 6ème A

 

 

 

1D’après « Le Gâteau du Têt », in Le Lac né en une nuit et autres légendes du Viêtnam, par Minh Tran Huy, Actes Sud 2008.

Grain de riz n°14: Trois nouvelles versions de la fable d’Esope: Les Grenouilles qui demandent un roi

Dans le cadre du programme, les élèves de 2nde A étudient avec Mme Sismondi les genres et formes de l’argumentation, du XVIIème et XVIIIème siècle, et notamment les Fables de la Fontaine. Cette étude les a conduits à lire les fables de Phèdre et Esope, auteurs de l’Antiquité gréco-romaine qui ont inspiré La Fontaine, afin d’observer quel enrichissement et quelle transfiguration étaient à l’œuvre chez le fabuliste de Louis XIV.

A leur tour, ils ont eu à écrire une fable, à la manière de La Fontaine, à partir du texte suivant d’Esope, VII-VIème s avant J-C :

Les Grenouilles qui demandent un roi

Les grenouilles, fâchées de l’anarchie où elles vivaient, envoyèrent des députés à Zeus, pour le prier de leur donner un roi. Zeus, voyant leur simplicité, lança un morceau de bois dans le marais. Tout d’abord les grenouilles effrayées par le bruit se plongèrent dans les profondeurs du marais ; puis, comme le bois ne bougeait pas, elles remontèrent et en vinrent à un tel mépris pour le roi qu’elles sautaient sur son dos et s’y accroupissaient. Mortifiées d’avoir un tel roi, elles se rendirent une seconde fois près de Zeus, et lui demandèrent de leur changer le monarque ; car le premier était trop nonchalant. Zeus impatienté leur envoya une hydre qui les prit et les dévora.
Cette fable montre qu’il vaut mieux être commandé par des hommes nonchalants, mais sans méchanceté que par des brouillons et des méchants.

Sara SISMONDI