Grain de sel n°9: Chronique des Sixièmes à ressort n°4

Bonjour à tous ! Nous sommes de retour : Chronique des 6èmesA, hashtag Bagou en sport.

Bagou nous surprend vraiment… surtout en EPS. Nous qui pensions qu’il n’aimait pas le sport, au contraire, il en raffole ! Il adore les roues, les roulades et les rondades. Quand nous avons fait trois tours du gymnase, lui en a fait six ! Quand Lola lance le vortex à 10 mètres, Bagou le lance à 20. Quand on fait du pentabond, lui fait du décabond…

Mardi on avait natation. Avant de plonger dans l’eau il faut se doucher et se mettre en maillot. Lui, rapide comme un guépard, avait fait tout ça en trois minutes seulement. Quand tout le monde a été prêt, M. Le Louët nous a fait faire des plongeons. Évidemment, il y a plus d’élèves que de plongeoirs. Il s’est précipité vers l’un d’eux, pour être le premier dessus. Il n’était pas seul car il y avait cinq plongeoirs. Quand le prof a donné le départ d’un coup de sifflet, tout le monde s’est élancé. Les autres avaient déjà presque atteint l’autre extrémité de la piscine, que Bagou était toujours dans la même position.

Il avait le vertige !

Bagou avait attendu tellement longtemps ce jour-là : c’était enfin la Course du Printemps ! Dès 6h00, Bagou était déjà arrivé au Lake View : il n’y avait personne… Il pensait qu’il était en retard ; au contraire il était en avance, car sa montre n’était pas à l’heure. Comme il croyait avoir raté le départ, il a foncé pour rattraper les autres. C’est ainsi que Bagou a fait 10 km de trop quand il est arrivé à la réception où tout le monde s’apprêtait à partir.

Parmi les 700 participants il avait reçu, comme par hasard, le numéro 3331. Dès que M. Onana a lancé le signal, Bagou s’est rué dans le mauvais sens. Le public essayait de le prévenir mais avec ses écouteurs il n’entendait que des zézaiements et chuchotements d’encouragements. Mais lui, sans tenir aucun compte de ces avertissements, imperturbable, le sourire aux lèvres, il a continué son chemin, tant et si bien qu’il s’est complètement fourvoyé…

Il est parti à droite…

Puis à gauche…

Puis il a continué tout droit…

Puis finalement il est retourné sur ses pas et c’est à ce moment là qu’il s’est rendu compte qu’il était bel et bien perdu. Il se trouvait au beau milieu d’une jungle sauvage et inextricable. Du coup, il a grimpé sur un arbre pour retrouver son chemin. Apercevant les autres au loin, il s’est élancé de liane en liane et a réussi à les rejoindre. Mais bientôt il a encore bifurqué en suivant un petit papillon multicolore qui allait vers le District 1. Il est passé par Saigon Pearl, il a acheté de petits souvenirs à Cho Ben Thanh, il a visité la Cathédrale et la Poste Centrale, il a assisté à un concert à L’Opéra, et enfin il est monté à la tour Bitexco pour, encore une fois, retrouver son chemin. De là il a pris l’hélicoptère qui l’a ramené au Lake View. Il a sprinté pour rattraper ses camarades (Il faut dire qu’il a un peu triché en traversant le jardin de chez Lola…) Il a ainsi pu dépasser Mme Floquet, M. Aucante et M. Giard qui ahanaient dans la boucle autour du lac, il a sauté par dessus Léo, par dessus Lola, par dessus Sathine, et dans la dernière ligne droite il est passé devant M. Roux (qui est arrivé troisième), devant Mme Sismondi (qui est arrivée seconde), de sorte qu’il a franchi premier la ligne d’arrivée sous les applaudissements de la foule.

Applaudissez Bagou vous aussi !

La classe de 6ème A

1Comme chacun sait ce nombre désigne aussi une célèbre marque de bière au Viêtnam et se prononce « Bababa »…

Grain de riz n°15: Chronique des Sixièmes à ressort n°3

Chers internautes

Les 6ème A sont de retour ! Nous avons une nouvelle chronique à vous raconter…

Vous vous souvenez qu’on était 24 quand on a écrit notre première chronique? En écrivant celle-ci nous sommes 25, car un nouvel élève est arrivé dans notre classe !

C’était un petit matin comme les autres au LFI Duras : comme d’hab on était fatigué… Soudain on frappe à la porte : M. Larivière arrive devant nous et dit: « Bonjour à tous, je viens vous annoncer que ce nouvel élève sera un de vos camarades, il s’appelle Bagou. » Il nous regardait droit dans les yeux avec aplomb, son sac sur le dos et le sourire aux lèvres. Puis, il est allé s’asseoir à côté de Mathéo.

Hugo a levé la main: « D’où tu viens? » Le nouveau a répondu haut et fort: « De Hanoï ! Mon ami Minh m’a chargé de vous souhaiter Chuc mung nam moi ! »

« Je vois que tu parles vietnamien, a dit le professeur. Connais-tu l’histoire du gâteau du Têt ?

– Oui, j’ai même fait un exposé sur cette histoire et je vais vous la raconter tout de suite : Cette histoire se passe à l’époque du 6ème roi Huong Vuong. Ce roi là était un roi très gourmand, il voulait tout le temps manger. Mais un jour, il en a eu assez de manger toujours la même chose. Le lendemain matin, il a décidé de lancer un concours pour ses vingt fils: le concours du meilleur plat. « Celui qui gagnera prendra ma place sur le trône ; et moi je resterai tranquillement au lit à manger les délicieux mets que vous m’aurez préparés… » Ils étaient tous d’accord. Le premier fils dit: « Je grimperai au sommet de la plus haute des montagnes pour cueillir les bananes de Zeus ! » Le second dit : « J’irai au fin fond de l’Antarctique pour cambrioler le frigo du père Noël ! » Le troisième dit : « Je ferai un Tartare de Licorne ! » Bref, ainsi de suite jusqu’au 16ème qui s’est avancé timidement devant son père, puis après s’être incliné devant lui, a proposé la recette suivante : « Je vais prendre du riz gluant et le nettoierai dans une eau très pure, puis je le ferai cuire à la vapeur. Quand ce sera fait, j’en pétrirai deux gâteaux. Au premier je donnerai une forme ronde, évoquant la voûte céleste – ce sera un hommage aux bienfaits du ciel. Quant au second, je le façonnerai en carré, symbole de la terre nourricière. Je garnirai l’intérieur de ces gâteaux d’une farce composée de haricots broyés, d’oignons, et de viande de porc mêlant gras et maigre. J’envelopperai le tout de feuilles de bananier, et le ferai cuire à l’étuvée tout un jour et toute une nuit1. – Quelle idée de génie, dit le roi ! Je suis impatient de goûter ces deux gâteaux. Tu as bien choisi les ingrédients, ils sont simples, faciles à trouver. Te voilà roi : tiens, prends ma place ! »

Tous les élèves, attentifs à son histoire, ont alors applaudi, même le professeur. Bagou a salué la classe avec un grand sourire. Il était assez content de lui, on le voyait dans ses yeux. « Bravo et merci Bagou de nous avoir raconté cette histoire, dit le professeur, tu as bien parlé, même si tu as introduit quelques détails un peu frivoles… » Et toute la classe s’est mise à rire.

La classe de 6ème A

 

 

 

1D’après « Le Gâteau du Têt », in Le Lac né en une nuit et autres légendes du Viêtnam, par Minh Tran Huy, Actes Sud 2008.

Grain de riz n°14: Trois nouvelles versions de la fable d’Esope: Les Grenouilles qui demandent un roi

Dans le cadre du programme, les élèves de 2nde A étudient avec Mme Sismondi les genres et formes de l’argumentation, du XVIIème et XVIIIème siècle, et notamment les Fables de la Fontaine. Cette étude les a conduits à lire les fables de Phèdre et Esope, auteurs de l’Antiquité gréco-romaine qui ont inspiré La Fontaine, afin d’observer quel enrichissement et quelle transfiguration étaient à l’œuvre chez le fabuliste de Louis XIV.

A leur tour, ils ont eu à écrire une fable, à la manière de La Fontaine, à partir du texte suivant d’Esope, VII-VIème s avant J-C :

Les Grenouilles qui demandent un roi

Les grenouilles, fâchées de l’anarchie où elles vivaient, envoyèrent des députés à Zeus, pour le prier de leur donner un roi. Zeus, voyant leur simplicité, lança un morceau de bois dans le marais. Tout d’abord les grenouilles effrayées par le bruit se plongèrent dans les profondeurs du marais ; puis, comme le bois ne bougeait pas, elles remontèrent et en vinrent à un tel mépris pour le roi qu’elles sautaient sur son dos et s’y accroupissaient. Mortifiées d’avoir un tel roi, elles se rendirent une seconde fois près de Zeus, et lui demandèrent de leur changer le monarque ; car le premier était trop nonchalant. Zeus impatienté leur envoya une hydre qui les prit et les dévora.
Cette fable montre qu’il vaut mieux être commandé par des hommes nonchalants, mais sans méchanceté que par des brouillons et des méchants.

Sara SISMONDI

 

Grain de riz n°13: Le septième jour de la Création

Dans le cadre du programme de 6ème, les récits de création, les élèves de 6ème B ont étudié avec Mme Sismondi des extraits de la Bible et du Coran, en commençant par le récit de la Création du monde dans le chapitre 1 la Genèse.

A partir de ce modèle les élèves ont dû imaginer que Dieu ne se soit pas reposé le septième jour mais le huitième. Ils ont ainsi ajouté un objet à la création, en respectant la structure et le style employés dans le texte biblique.

Les meilleurs d’entre eux et dans l’ordre alphabétique:

Sara SISMONDI

Grain de sel n°8: Chronique des Sixièmes à ressort n°2

Bonjour ! C’est encore nous (Vous vous rappelez les 6èmes A, les enfants mal élevés et malpolis?)

Il arrive parfois qu’il y ait beaucoup d’embouteillages le matin, lorsque nous allons à l’école, car il y a beaucoup de gens qui vont travailler. Vendredi dernier par exemple, le 19 janvier, à cause d’un embouteillage, il y a eu des retardataires : On n’était vraiment pas beaucoup, la classe était aux trois quarts vide, six ou sept à peine au début du cours. Du coup on a joué au jeu du dictionnaire. Mais vous ne connaissez peut-être pas les règles de ce jeu, n’est-ce pas ?

Eh bien, le jeu consiste à inventer une définition la plus convaincante possible d’un mot que personne ne connaît. Nous avons pris des mots tirés de la liste proposée chaque année par le concours « Dis-moi dix mots » : Accent, Bagou, Griot (griotte), Jactance, Ohé, Placoter, Susurrer, Truculent (-ente), Voix, Volubile…

Le professeur mélange les définitions imaginaires créées par les élèves, parmi lesquelles se trouve la véritable définition du mot, tirée du dictionnaire. Il les lit. Puis les élèves doivent deviner quelle est la vraie. Si l’élève la trouve il gagne 1 point ; mais si quelqu’un vote pour sa définition il gagne 2 points : en effet il est plus difficile de rédiger une définition convaincante que de trouver la bonne.

Par exemple, la jactance est-elle “Une fleur qu’on peut trouver dans les forêts”, “Le bruit du canard”, “La position d’attaque du jaguar”, ou “Des propos pleins de suffisance”?

L’adjectif truculent signifie-t-il “Haut en couleurs”, “Très lent – du latin truculas qui veut dire escargot” ou “Efficace dans son travail – ex: un élève truculent“?

Le verbe placoter veut-il dire “Coller quelqu’un, être toujours sur son dos”, “Se cacher – ex: Hugo se placote derrière le placard“, “Plaquer une personne doucement au rugby”, “Faire un plat sur le côté”, “Mettre un plat de côté”, “Se mettre à plat par terre”, “Mettre du ciment” ou tout bêtement “Papoter en canadien”?

Le bagou désigne-t-il “Un animal sauvage”, “Un mot africain pour dire renard”, “Un sac pour les goûters en latin”, “Un animal qui ressemble à un singe mais sans queue – fém. bagouenne”, ou bien “L’aptitude à parler fort pour épater ceux qui écoutent – du wallon ba (grande) et gou (gueule)”?

Volubile enfin se dit-il de “Qui parle vite et beaucoup”, de “Qui vole à cloche-pied en tirant la langue du côté gauche”, de “Qui est trop bruyant”, de “Qui est grand comme un volcan”, ou bien cet adjectif est-il simplement synonyme de “Énervant”?

Si vous hésitez entre une de ces définitions, consultez un dictionnaire… A vous de jouer!

La classe de 6ème A

 

Grain de sel n°7: Chronique des Sixièmes à ressort n°1

Bonjour à tous ! Nous sommes la classe des 6èmes A et nous allons partager avec vous notre vie quotidienne au collège. Avant les vacances, nous étions 25 élèves, mais l’un d’entre nous nous a quittés pour le nord : il est parti au lycée Yersin à Hanoï. Du coup nous sommes 24 : 12 filles et 12 garçons (mais certains dans la classe préfèrent dire 12 garçons et 12 filles…) Nous sommes paresseux, mauvais en classe et mal élevés… Mais non, c’est une blague : en réalité, nous travaillons dur, nous avons de bonnes notes (enfin pas des notes, mais des compétences), et nous sommes tout à fait polis!

Au collège, nous devons changer de classe et de professeur toutes les cinquante-cinq minutes. C’est un peu fatigant de se précipiter d’une classe à l’autre, un énorme sac sur le dos, rempli d’une quinzaine de cahiers ! En plus, les jours où on a sport on doit prendre un autre sac pour nos vêtements de rechange… Parfois c’est la bousculade ! Pour l’instant on n’a pas trop de devoirs… (Oups, il ne fallait peut-être pas le dire ?)

Nous pouvons utiliser le CDI (Centre de Documentation et d’Information, et non pas le Château des Dieux Immortels, ni le Coin Douche des Indiens…), véritable paradis des lecteurs où sont rangés côte à côte des milliers de livres et de documents : heureusement, chacun a son code qui permet de le retrouver. Il faut être très silencieux pour que tout le monde puisse lire, on n’a pas le droit de courir ; mais parfois c’est un peu bruyant, surtout le midi, on dirait un parc d’attraction et d’ailleurs on y trouve toutes sortes de jeux de société ! Nous pouvons y aller pendant les récrés ou les heures de permanence. Sinon nous pouvons aller faire nos devoirs en salle de permanence, ou encore au foyer jouer au ping-pong et au baby-foot.

Ce qui est nouveau aussi pour nous en sixième, c’est que chaque fois qu’on est absent ou en retard, il faut remplir un coupon dans le carnet de correspondance, et faire signer ce coupon au bureau de la Vie Scolaire. Et il faut se tenir à carreau (pas de bagarre, pas d’insultes, pas d’oubli de matériel et toujours faire ses devoirs) sinon gare aux heures de colle !

Et sur ces bonnes paroles, bien évidemment, on vous souhaite une excellente année 2018 !

La classe de 6ème A

Grain de sel n°6: Le Calendrier de l’Avent du Domaine public

Dans le Grain de sel n°4, Mme Gillet expliquait l’année dernière ce qu’il en est du droit d’auteur. Comme chaque année, le Calendrier de l’Avent du domaine public vient de paraître. Il répertorie les œuvres pour lesquelles le droit d’auteur arrive à échéance à partir du 1er janvier 2018, et qui par conséquent seront désormais offertes et disponibles dans le domaine public.

Cette année il y a par exemple Ramuz, auteur suisse relativement connu. Mais qui était donc Annie Londonderry, et qui Edgar Chahine?

Et saurez-vous découvrir qui sont les suivants avant que leur nom ne soit dévoilé dans le calendrier?

Fabien GIARD

Grain de sel n°5: Prix Azimut pour Le garçon qui savait tout

Le prix Azimut 2017 a été attribué par les élèves de la zone Asie à Loïc Le Borgne pour son roman Le garçon qui savait tout. L’auteur adresse aux collégiens la lettre de remerciement suivante:

Message aux élèves des écoles françaises de Singapour, Tokyo, Séoul, Bangkok, Kuala Lumpur, Djakarta, Hong Kong, Hanoi, Ho Chi Minh, Phnom Penh, Pékin.

J’ai appris il y a quelques jours que « Le Garçon qui savait tout «  avait remporté le prix Azimut 2017. Très sincèrement, vous n’imaginez pas ma joie. Quel honneur, quelle récompense, surtout lorsque ce sont des jeunes comme vous qui décidez d’élire un roman !

Je suis avant tout ravi pour Malo, Maï et Jehan. D’accord, ce ne sont que des personnages imaginaires, mais je les ai longtemps côtoyés en écrivant ce livre… et vous aussi en le lisant, par la suite. Ce qui nous fait un point commun : nous les connaissons bien, et nous avons aimé les rencontrer.

Je suis loin de vous, puisque les noms des villes où vous vivez me semblent presque magiques pour certains – des promesses d’aventures, de voyages, d’ailleurs, d’avenirs. Mais, grâce à ce petit roman, un lien invisible s’est créé entre nous, comme il se forme souvent entre un lecteur et un auteur, qui partagent le même monde imaginaire, et parfois les mêmes rêves, les mêmes craintes, les mêmes pensées, qui vibrent de la même manière pour les même héros.

Eh oui, puisque vous avez lu et aimé ce livre, nous sommes désormais liés… comme l’ont été Malo et Jehan, malgré la distance qui les séparait !

Lisez, encore et encore, pour vous instruire mais aussi pour le plaisir. J’aime les littératures de l’imaginaire parce qu’elles élargissent notre monde, libèrent nos esprits, ouvrent des portes vers des ailleurs, des futurs possibles. Elles nous permettent de prendre du recul pour observer notre époque, pour contempler notre petite planète bleue d’un peu plus loin. Les littératures de l’imaginaire sont puissantes : grâce à elles, on s’amuse bien, mais on devient aussi, je crois, un peu plus sages.

Merci à vous tous, chers lecteurs, à l’autre bout de notre petite planète, je suis très fier de voir que Malo, Maï, Jehan et les autres ont franchi les océans, les montagnes, pour toucher vos jeunes cœurs. Je ne vous oublierai pas.

Merci également aux adultes impliqués dans ce prix.

J’espère tous vous croiser un jour, quelque part dans le Monde… ou grâce à nos futurs nanocapteurs… Mais à condition, vous l’aurez deviné, de pouvoir me déconnecter lorsque j’en aurai envie !

Amitiés à tous
Loïc LE BORGNE

PS/ Merci aussi à Mowgli et au Livre de la jungle, je leur devais tout de même cette petite citation, puisqu’il m’ont trotté dans la tête quand j’écrivais ce roman !

 

Grain de riz n°12: Anagrammes narrativisées

L’anagramme a ceci de mystérieux que le mélange des lettres d’un mot ou d’une phrase produit parfois un autre mot ou une autre phrase qui semble y répondre avec un bonheur particulier, ou en révéler le secret caché, comme le chien dans sa niche. Mais la plupart du temps, il faut convenir que l’on ne trouve, assez difficilement, que des mots sans rapport aucun avec ceux d’où l’on était parti. C’est pour remédier à cette situation décevante que nous avons imaginé le jeu d’écriture nommé “anagramme narrativisée”, que nous avons pratiqué en heure d’AP en classes de 5A et de 5B. Ce jeu se décompose en deux temps:

  1. Tout d’abord, chaque élève était invité à écrire une phrase contenant le nom Alice, puis à anagrammer cette phrase de façon à en obtenir une autre. C’est la partie la plus difficile du jeu et il faut pour y réussir apprendre à réfléchir stratégiquement, en recherchant tour à tour des mots de telle ou telle catégorie grammaticale, dans l’espoir de pouvoir les associer entre eux et construire une phrase avec: mais ce que la grammaire permet, le sens ne l’autorise pas forcément… Nous avons dans chaque classe retenu une seule phrase et son anagramme: en 5A: “Alice s’était inscrite au cours de gymnastique.” devenue “Cet ours agile essayait de mincir, et tu naquis.”, en 5B: “Alice lit un livre d’aventures.” devenue “Le rêveur laid, lui, vit cent ans.” Un groupe de Flsco de 5B s’est lui aussi essayé à l’exercice: partant de “Alice est gentille.” il est arrivé à “Clélia teste le gin.”
  2. Ensuite, ces deux phrases devaient servir de première et dernière phrase d’un texte à écrire collectivement, le but étant bien entendu de faire en sorte que l’on glisse le plus naturellement possible de l’une à l’autre, et que chaque mot de la phrase d’arrivée ait finalement sa raison d’être. La narration devait ainsi rendre cohérentes entre elles la phrase de départ et son anagramme. Les élèves de la classe étaient tous invités à proposer leurs idées de péripéties ou de formulations de phrases, sous la direction du professeur qui les sollicite et les refuse, les compare et les évalue, les oriente ou se laisse surprendre par l’une d’elles… Ainsi ont pris forme d’étranges récits, qui n’auraient jamais existé sans la contrainte qu’ils essaient de surmonter, mais qui sont devenus nécessaires en raison de leur réussite.

Découvrez donc à votre tour dans quelles circonstances “tu naquis”, comment l’on “vit cent ans”, et quel goût a “le gin”

Fabien GIARD, professeur de Français en 5èmes A et B

Grain de riz n° 11: Vendredi ou la vie animée

Dans le cadre des EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires), deux classes de Cinquième ont participé cette année à un projet d’adaptation d’extraits de Vendredi ou la Vie sauvage selon diverses techniques d’animation. Les élèves, travaillant par petits groupes, ont ainsi été amenés, en Français d’abord (sous la direction de M. Giard), à choisir un extrait ou une thématique issue du roman, et à réfléchir à sa transposition filmique: mise au point d’un scénario, réflexion autour des moyens expressifs permettant de restituer les événements, les idées ou les émotions qu’ils cherchaient à transmettre. Ensuite, en Arts plastiques (sous la direction de M. Aucante) et en Musique (sous celle de Mme Chaudemanche), ils se sont confrontés à la réalisation concrète de leur projet. L’occasion pour eux de comprendre l’écart qu’il y a toujours entre ce que l’on vise et ce que l’on atteint: en effet, il ne s’agissait pas seulement d’adapter un texte, mais aussi de s’adapter aux contraintes qu’impose la technique choisie. Les vidéos ci-dessous vous donneront un aperçu de leur travail.

Fabien GIARD, professeur de Français en 5èmes A et B

Vendredi
ou la vie sauvage
de Michel Tournier,
vu et animé par les
élèves de 5A et 5B

La langue des signes


Le réveil

Robinson se déguise

A la poursuite du bouc !

Portrait Araucan
en cinq touches

Dans une clairière
parfaitement plane

Vendredi fume
en cachette

La rencontre

La solitude

La tempête

L'explosion