Archives des catégories : Non classé
Grain de sel n°23 : Quelques échos du massacre des prétendants
Le 3 février dernier eut lieu la petite dictée suivante:
Ulysse tendit son arc et tira une flèche sur les prétendants. Ceux-ci couraient en tous sens pour échapper à la mort. Ils criaient et essayaient de se cacher. Les mets roulèrent à terre. La lumière s’éteignit. Il faisait tout noir. Quelqu’un chercha l’interrupteur. Il demanda à Eurymaque où se trouvait le bouton. Antinoos lui répondit qu’il était déjà mort, et que de toute façon l’électricité n’existait pas encore.
Dans la foulée, les élèves de Sixième furent invités à prolonger ce récit, en commençant par la phrase “C’est alors qu’Amphinomos se réveilla”, tout en conservant l’esprit fantaisiste et le principe de l’anachronisme. Voici quelques extraits de leurs productions:
C’est alors qu’Amphinomos se réveilla (…) il avait une bougie et un briquet dans la poche. Il alluma la bougie et regarda autour de lui. Eurymaque entendit un bruit de monstre, Antinoos l’entendit aussi, puis Zeus apparut dans un rayonnement de lumière. Il dit qu’il allait leur donner une punition (…)
C’est alors qu’Amphinomos se réveilla à 9h00 du matin après la guerre. Il prit un petit déjeuner pour se réveiller et il sortit de la maison pour faire un petit tour. Il emmena son chien qui (…)
C’est alors qu’Amphinomos se réveilla et il trouva une chose très bizarre. Une chose merveilleuse. Un interrupteur! Il appuya dessus et tout à coup, une lumière éclaira la salle et fit mal aux yeux à tout le monde. (…)
C’est alors qu’Amphinomos se réveilla et il vit Antinoos et Eurymaque qui faisaient une compétition d’arc. Alors il demanda s’il pouvait les rejoindre (…)
C’est alors qu’Amphinomos se réveilla, et il voyait Eurymaque et Antinoos au pays des morts. Il revit des choses quand il était vivant. Après il ne voyait que des flèches qu’Ulysse avait tirées, puis il tomba dans l’eau et Amphinomos voyait des poissons qui voulaient le manger. Après il fut secouru par des hommes sur un bateau, puis il vit un éclair blanc, après il ne vit que la couleur noire.
C’est alors qu’Amphinomos se réveilla et il réalisa qu’il était déjà au pays des morts et il trouva les autres prétendants. Il pleura un peu et partit. Sur son chemin il trouva sa mère et le reste de sa famille. Il demanda comment ça allait et comment ils vivaient dans cet endroit (…)
C’est alors qu’Amphinomos se réveilla et vit qu’Eurymaque et Antinoos étaient morts. Il vit Ulysse qui était en train de tirer des flèches aux prétendants. Il pensait que si Ulysse voyait qu’il n’était pas mort, Ulysse allait tirer une flèche sur lui, donc il faisait le mort. Mais Ulysse l’entendit (…)
C’est alors qu’Amphinomos se réveilla et il demanda à Ulysse de lui donner des mets. Après manger, Amphinomos raconta des choses qu’il avait vues quand (…)
C’est alors qu’Amphinomos se réveilla et fut surpris de cette scène horrible, les mets partout sur le sol, le cadavre d’Eurymaque allongé sur lui (…) Amphinomos le prit par les pieds et le fit tourner comme une toupie. Après 10 minutes, Amphinomos se fatigua, Ulysse le visa et tira sa flèche. Heureusement, il arriva à lui échapper, il se cacha sous une table (…)
C’est alors qu’Amphinomos se réveilla. Amphinomos, c’était un virus (à peu près comme le Covid). Il tua les gens qui étaient là. Quand une personne avait ce virus, 5 minutes après il tombait malade (…)
C’est alors qu’Amphinomos se réveilla et il se trouva dans la maison de Donald Trump. Il se mit debout pour regarder mieux partout autour de lui, il vit qu’il y avait beaucoup de gens partout autour de lui qui criaient très fort (…) C’est alors qu’Amphinomos se mit à pleurer car il ne comprenait pas l’anglais (…) Il y avait plus de dix hélicoptères au-dessus de sa tête. C’était la première fois qu’il voyait des hélicoptères noirs au-dessus de lui. Un de ces hélicoptères se rapprochait de lui de plus en plus. Un des gens dans l’hélicoptère regarda Amphinomos et dit: “Hey you! Can you come here?” Amphinomos se mit à pleurer encore, car il était paniqué par toutes les choses qui étaient en train de se passer partout autour de lui, la langue anglaise, les gens qui criaient, les hélicoptères noirs avec des gens dedans (…)
C’est alors qu’Amphinomos se réveilla et se leva. il descendit de son lit, bâilla et alla manger. Mais quand il arriva, Eurymaque, Antinoos et ses amis étaient morts. Il ne savait pas pourquoi ils étaient morts. Le sang était répandu partout sur le sol. Les plats délicieux étaient tombés par terre. C’était horrible! En ce moment, Ulysse mangeait tranquillement les fruits. Amphinomos fut en colère. Il courut vers Ulysse avec une flèche dans sa main, et BOOM! Avant qu’il arrive, Ulysse lança une fourchette dans sa tête. Amphinomos était mort. Mais soudain (…)
C’est alors qu’Amphinomos se réveilla et dit à Ulysse: “Quelle heure est-il?” En tenant son arc, Ulysse répondit à Amphinomos: “C’est 7 heures du matin maintenant, et c’est l’heure la plus parfaite pour que tu…” Il n’eut même pas le temps de finir sa phrase, qu’Amphinomos posa une autre question: “Est-ce que tu as déjà fait le petit déjeuner? Parce que j’ai tellement faim!” Ulysse posa son arc et fit un petit déjeuner pour Amphinomos. Après avoir fini de manger, les deux hommes regardèrent la télé. Ils ressemblaient maintenant à de véritables amis.
Grain de riz n°66: L’assaut de la salle 101
Un petit groupe d’élèves de 5ème travaillait paisiblement salle 101, lorsque le professeur d’une autre classe, suivi de ses élèves, frappa à la porte: il prétendait lui aussi avoir cours dans la salle 101. Nous nous sommes emparés de cette situation pour en faire le sujet de la rédaction collective qui suit:
L’assaut de la salle 101
Autrefois, il y a très longtemps de cela, il y avait un vaste royaume infesté par des animaux sauvages, des serpents venimeux, des loups féroces, des tigres rusés et agressifs, et même des bandits qui prétendaient être chevaliers. On construisit donc un château pour se défendre.
Ce n’était pas un château en pierre, il était fait de briques, car ils étaient pauvres mais c’étaient d’habiles constructeurs.
Comme dans la chanson La Princesse et le Troubadour, le château était « entouré par les créneaux et la forêt ».
Ses murailles étaient plus hautes que les arbres, si hautes que, de loin, on aurait dit le Mont Everest. De larges douves remplies d’une eau sombre empêchaient les ennemis de rentrer. Seul un immense pont-levis permettait d’y pénétrer.
Avant qu’il ne soit construit, il n’y avait là qu’une petite mare, à côté de laquelle un pêcheur avait l’habitude de venir se délasser. Mais au bout d’un moment, alors qu’il attendait que le poisson morde à l’hameçon, il se rendit compte qu’il était lui-même une proie : un moustique l’attaquait ! Il fabriqua donc, pour se protéger, une petite guérite avec quelques joncs et un peu de boue.
Cependant les moustiques insistaient et persistaient… agacé, il refit sa guérite avec des briques. Mais cela ne suffit pas, un nouveau moustique entra : il construisit alors un mur plus épais. Encore un moustique : il suréleva le mur, qui devint une véritable muraille.
Enfin, comme les moustiques continuaient à le harceler, il bâtit un immense château, que l’on appelle encore aujourd’hui le Château de la Marguerite, en souvenir de la petite mare d’autrefois et de la petite guérite de boue que le pêcheur avait faite, avant que l’on n’invente la moustiquaire.
Les villageois venus le rejoindre étaient maintenant de paisibles châtelains qui vivaient là tranquillement. Au milieu du château, les jardiniers arrosaient tous les jours une pelouse qui brillait comme l’émeraude sous le soleil, des enfants jouaient à se battre avec des épées de bois, et le roi (le pêcheur qui n’aimait pas les moustiques) dormait souvent sous son chêne au lieu de rendre la justice comme Saint-Louis, car en ce temps-là il n’y avait jamais aucun vol, aucun crime, ni le moindre bruit.
« A l’aide ! A l’aide, cria soudain un garde. Il y a une troupe de chevaliers à l’horizon ! Ils nous déclarent la guerre !
– D’abord on dit pas « à l’aide », mais « alerte ! »… Et puis tu ne sais pas de quoi tu parles : Si ces chevaliers sont à l’horizon, comment sais-tu qu’ils nous déclarent la guerre ? Écoute, c’est midi, laisse nous faire la sieste…
– Ils brandissent des drapeaux rouge sang ! C’est une horde armée d’épées, de lances et de hallebardes, d’arcs aux flèches enflammées ! »
Inquiet, le roi grimpa aux murailles pour en avoir le cœur net. Des milliers de chevaliers féroces étaient en train de franchir le pont-levis.
A leur tête, le chef des ennemis, juché sur un superbe destrier à la robe ténébreuse et brillante comme de la soie, majestueux et puissant, criait aux occupants du château de se rendre. C’était le Seigneur de Vui-Nhà-Mêt, un chevalier cruel et intraitable. Il était coiffé d’un heaume cornu, ses yeux semblaient vous transpercer, sa bouche grande ouverte montrait deux rangées de dents irrégulièrement réparties. On aurait dit la gueule de Scylla « pleine de noire mort ».
Dehors, des chevaux efflanqués, aux côtes saillantes, les yeux rouges comme s’ils n’avaient rien mangé depuis une semaine, piaffaient, se cabraient, et certains même, poussés par les autres, s’enfonçaient dans les douves en hennissant.
« Roi Pêcheur, je vous déclare la guerre, lança le Seigneur de Vui-Nhà-Mêt ! Vous êtes ici chez moi ! Crois-tu vraiment, Roi Pêcheur, que voler ma mare et manger mes poissons n’aura aucune conséquence ? Si vous persistez, ce sera une bataille sans merci !»
Tout le monde paniquait, criait et courait dans tous les sens, les hommes cherchaient partout où ils avaient bien pu ranger leurs armes, les femmes emportaient leurs petits enfants en pleurs : c’était un bazar ahurissant.
Les châtelains se ruèrent alors vers la petite porte du donjon… ils se précipitèrent dans un petit escalier en colimaçon, se bousculant les uns les autres sans aucun souci des préséances. Les dames et les seigneurs espéraient trouver là-haut un refuge. C’était un escalier très long, on y respirait mal et on n’y voyait rien… A un moment on entendit aboyer… « Qu’est-ce qui se passe ? demanda le seigneur Thanh Liem, on dirait qu’un chien est parmi nous ! – A qui est ce chien ? demanda le seigneur Minh Phuc – C’est moi qui ai aboyé répliqua le seigneur Chi Khang – Mais tais-toi donc, fit le seigneur Tho Nguyen, on va se faire repérer par nos ennemis ! – Ne restons pas là, chuchota Dame Khanh Van, on doit monter plus haut. – Mais allumez la lumière, enfin ! hurla le Seigneur Jonas – Où est l’interrupteur ? s’enquit Dame To Uyen – Mais ça n’existe pas, remarqua judicieusement Dame Thao Nguyen, on n’est pas au XXème siècle. – T’es sûre ? – Oui, je te jure ! – Pourtant j’ai bien vu un interrupteur en bas – ça existe alors ? – Quelqu’un peut descendre pour vérifier ?… Alors, quelqu’un se décide ?… Il n’y a vraiment personne ? – Hum… Bon… D’accord, je veux bien me dévouer, je vais descendre. – Non, inutile, le danger nous presse, il faut monter ! – Mais non ! – Pourquoi ? – Parce que ! – Parce que quoi ? – Parce que c’est comme ça ! – Tant pis, j’y vais tout seul ! – Où ça ? – Là-haut ! – Aïe, mon pied ! – Qu’est-ce qu’il y a ? – Mon pied ! – Ouille ! – Pousse-toi ! – Pousse-toi, toi ! … »
Enfin, après avoir grimpé tout l’escalier, qui avait plus de mille marches, ils parvinrent au seuil de la salle 101, suants, soufflant et pestant.
C’était une salle secrète. Il y faisait noir comme dans un cercueil. L’une des dames avait verrouillé la porte. Ils éteignirent aussitôt leurs téléphones. Puis ils bloquèrent l’entrée avec les tables et chacun trouva un endroit où se cacher. « Où est Seigneur Tho Nguyen? – Je sais pas… – Je crois que l’ai vu allongé au sol – Il était blessé ? – Mais non, il dormait comme un cochon, à l’avant-dernier palier ! – Il dormait comme un quoi ? – Comme un cochon qui dort. – En français, on dit plutôt dormir comme un loir (autrement dit glis glis)… – Mais alors, pourquoi ne l’as-tu pas réveillé, cet animal ? – Hé ! Taisez-vous, les ennemis arrivent ! cria Dame Si Young. – Mais qui êtes-vous, que faites vous ici ? lui demanda Dame Thao Nguyen. – Je suis la servante de ce château et j’étais cachée là depuis le début ! – Chut, taisez-vous ! Ils sont là… » chuchota un seigneur. Chacun courut se cacher, qui dans l’armoire, qui sous la table, qui grimpant au vidéo-projecteur… euh non, je veux dire au lustre, et les autres se collaient au mur comme des lézards. Mais soudain quelqu’un demanda :
« Je peux aller aux toilettes? »
Grain de riz n°65: Lauréats du prix Pousse-Crayon 2024
La 8ème édition du prix Pousse-Crayon avait cette année pour thème “La Terre a subitement arrêté de tourner sur elle-même. Les savants du monde entier s’interrogent. Les gouvernements, jusqu’aux chefs de village, restent pantois. Chaque maison vit alors dans l’incertitude. Imaginez ce qui a bien pu provoquer cet arrêt et les conséquences de ce phénomène sur votre quotidien. Le récit ne fera intervenir ni dieux, ni super-héros, ni extra-terrestres.” Cette année, 11 classes de Cinquièmes ont participé: trois de notre LFI Marguerite Duras (Vietnam), deux du Lycée Charlemagne de Pointe-Noire (Congo), une de l’École Française de Kampala (Ouganda), une de l’École de la Nativité à Djibouti, deux du LFI Gustave Eiffel (Mozambique), et deux enfin de l’Ecole Française de Bujumbura Nelson Mandela (Burundi). Seul 1 texte par classe a été retenu dans la sélection finale, et les 11 textes finalistes ont été ensuite classés anonymement par un jury de pas moins de 21 lecteurs ou classes volontaires, qu’il convient ici de remercier:
- M. BEAU Frédéric, Prof de Maths, LFI Marguerite Duras, HCMV
- M. FOUCHER Philippe, Prof de Maths, LFI Marguerite Duras, HCMV
- M. LAPAUW François, Prof d’Anglais, LFI Marguerite Duras, HCMV
- Mme MATTEI Maryline, Prof Documentaliste, LFI Marguerite Duras, HCMV
- M. THARREAU Yannick, Prof de Maths, LFI Marguerite Duras, HCMV
- Mme COMBROUSE Typhaine, Prof de SVT, EF Nelson Mandela, Bujumbura
- M. ELONGO Orlain, Prof de Ecoles, EF Nelson Mandela, Bujumbura
- Mme FROMENT Dune, Prof Documentaliste, EF Nelson Mandela, Bujumbura
- Mme CHAMPIGNY Karine, Secrétaire Comptable, EFI, Kampala
- Mme GALICY Audrey, Bibliothécaire Documentaliste, EFI, Kampala
- M. LESAFFRE Thomas, Bibliothécaire, EFI, Kampala
- Mme BATAILLE Alexandra, Psychologue, LFI Gustave Eiffel, Maputo
- Mme CHABERNAUD Flore, Prof des Écoles, LFI Gustave Eiffel, Maputo
- Mme CHAVES Élisabeth, Prof des Écoles, LFI Gustave Eiffel, Maputo
- Mme JORDAN Sandrine, Prof des Écoles, LFI Gustave Eiffel, Maputo
- M. PEREZ Pierre, Prof d’Espagnol et d’EPS, Lycée Charlemagne, Pointe Noire
- Classe de 4 ème A, Lycée Charlemagne, Pointe Noire
- Classe de 2 nde B, Lycée Charlemagne, Pointe Noire
- Mme MKADARA Madina, Prof de Français, Collège de Tsimkoura à Chirongui, Mayotte
- Mme POZNANCZYK ECKERT Irène, Prof de Lettres, École des Pupilles de l’Air, Montbonnot
- Mme VITAL Danièle, Prof en école maternelle à la retraite, La Rochelle
Remercions également les professeurs qui ont encadré les élèves dans la rédaction de ces textes, à savoir :
- M. GIARD Fabien du Lycée Marguerite Duras, HCMV
- Mme GOUZOU Fanny du Lycée Marguerite Duras, HCMV
- Mme MANDRET Anne, du Lycée Gustave Eiffel, Maputo
- M. MEUNIER Yannick de l’École Française de Kampala
- Mme MOUSSA Zeinab, de l’École de la Nativité, Djibouti
- M. NIYONZIMA Sébastien de l’Ecole Française Nelson Mandela, Bujumbura
- Mme VITAL Émilie du Lycée Charlemagne, Pointe Noire
Après le classement final des 11 textes présélectionnés, 4 ont été retenus, car il y avait deux textes ex-aequo en troisième position. Par ailleurs l’un de ces deux textes avait été écrit à deux, de sorte qu’il y a finalement cette année 5 lauréats:
- N°1: Alaina AGABA, de l’École Française de Kampala
- N°2: Mina KASSIM, de l’École de la Nativité à Djibouti
- N°3 ex-aequo: Lua DO ROSARIO, du Lycée Gustave Eiffel à Maputo
- N°3 ex-aequo: Lirandzu DEWAR et Gabriela ANTONIO, du Lycée Gustave Eiffel à Maputo
Bravo à ces cinq élèves, dont vous pourrez lire les histoires en cliquant sur leur nom. N’hésitez pas à leur laisser un mot en commentaire de cet article.
Grain de riz n° 64 : Concours d’éloquence
Dans le cadre de la journée de la langue française et de la francophonie s’est tenue ce mercredi 20 mars la finale de la deuxième édition du « concours d’éloquence » organisé par Mme SISMONDI et M. VUILLERMET avec leurs classes de troisième. A l’issue d’une sélection faite par un travail de rédaction argumentative en classe, 3 candidats dans chacune de ces quatre classes ont été retenus.
12 élèves étaient donc en lice en salle de spectacle pour défendre à l’oral, en 4 minutes, une cause qui leur tenait à cœur, souvent liée à des problèmes ou à des débats contemporains : les inégalités hommes-femmes – le thème prédominant – ; le harcèlement scolaire ; la maltraitance animale ; les nouveaux codes amoureux créés par les réseaux-sociaux et leurs dérives.
Ainsi chacun d’entre-eux aura su, par la cohérence de son discours, la force de ses arguments, mais aussi, qui par sa touche d’humour ou d’ironie, qui par sa colère et sa révolte, toucher le jury au cœur et à la raison.
Qu’ils en soient remerciés, tous auront fait honneur à la langue française et démontré une bienfaisante conviction à s’engager dans une noble cause citoyenne.
Xavier VUILLERMET
Classement au LFI Marguerite Duras:
- 1er prix: CAUBET Zoé (3C)
- 2ème prix: DO NGUYEN Bao Anh (3D)
- 3ème prix ex-aequo: PHAN GAILLOT Gabriel (3C) et PHONESAY Gabriel (3A)
Classement à l’Université des Sciences Sociales et Humaines:
- 1er prix: DO NGUYEN Bao Anh (3D)
- 2ème prix: PHAM Ha Chi (3D)
- 3ème prix: VU Domitille (3C)
Grain de sel n°22 : Concours du plus beau poème d’amour
Le 2 février 2024 a eu lieu la remise des prix du concours du plus beau poème d’amour organisé par notre documentaliste auprès de tous les élèves du collège et du lycée! En voici le compte-rendu sur le site du lycée, ainsi que le recueil des poèmes qui en a été tiré.
Voici également la liste des lauréats et les textes primés:
Au collège:
1er prix : Marie, 4D avec “Chagrin d’amour“
2ème prix : Lucien, 6A avec “Quand on a que onze ans“
3ème prix : Léopoldine, 4D avec “Tu me manques“
Prix élèves : Joan, 4D avec “L’amour en couleurs” “
Au lycée:
1er prix : Pham Ngoc Khoi, 2B avec “Notre enraciné“
2ème prix : Pauline, 2A avec “Amour de nuit“
3ème prix : Tallulah, 2A avec “Passion incandescente“
Grain de riz n°63 : Lauréats du prix Pousse-Crayon 2023
La 7ème édition du prix Pousse-Crayon avait cette année pour thème “Vivre en 2040, dans la ville où vous habitez, en imaginant toutes les avancées écologiques qui permettent une vie en ville plus sereine et agréable. Malheureusement un phénomène climatique inconnu vient perturber la quiétude de la ville…” Le cadre devait rester réaliste et l’on ne devait pas faire intervenir de héros aux super-pouvoirs. Cette année, 5 classes de Cinquièmes ont participé: deux de notre LFI Marguerite Duras (Vietnam), une du Lycée Charlemagne de Pointe-Noire (Congo), une de l’École Française de Kampala (Ouganda), et une de l’École de la Nativité à Djibouti. Seul 2 textes par classe ont été retenus dans la sélection finale, et les 10 textes finalistes ont été classés anonymement par un jury de 14 lecteurs volontaires, qu’il convient ici de remercier:
- Mme CLABAUT Marine, Prof d’Arts appliqués, Lycée Myriam, Toulouse
- Mme VITAL Danièle, Prof en école maternelle à la retraite, La Rochelle
- M. BEAU Frédéric, Prof de Maths, LFI Marguerite Duras, HCMV
- Mme SISMONDI Sara, Prof de Lettres, LFI Marguerite Duras, HCMV
- Mme MKADARA Madina, Prof de Lettres, Collège de Tsimkoura à Chirongui, Mayotte
- Mme ARQUEMBOURG Anne, Prof Documentaliste, Lycée Charlemagne, Pointe Noire
- Mme POZNANCZYK ECKERT Irène, Prof de Lettres, École des Pupilles de l’Air, Montbonnot
- Mme EXBRAYAT Hélène, Prof de Lettres, Lycée Charlemagne, Pointe Noire
- Mme FERLAY Christine, Secrétaire à l’Ambassade de France en Ouganda
- Mme LAPASSE Hermine, Kampala
- Mme CHAMPIGNY Karine, Secrétaire à l’École Française de Kampala
- Mme LEFEVRE Sandrine, Kampala
- Mme IBARRA Mélina, Principale adjointe à l’École Française de Kampala
- Mme BRUNEL Marie, Prof de Lettres à la retraite, Lyon
Remercions également les professeurs qui ont encadré les élèves dans la rédaction de ces textes, à savoir :
- Mme VITAL Émilie du Lycée Charlemagne, Pointe Noire
- Mme CRENDAL Garance de l’École de la Nativité, Djibouti
- M. MEUNIER Yannick de l’École Française de Kampala
- M. GIARD Fabien du Lycée Marguerite Duras, HCMV
Après le classement final des 10 textes présélectionnés, 3 seulement ont été retenus (ce qui est assez cruel car le quatrième était à un point d’écart du troisième !) Les 3 lauréats de ce concours d’écriture sont donc cette année, par ordre:
- Tom TURNER, de l’École Française de Kampala
- Tifaine TRINH, du LFI Marguerite Duras
- Léa GUSTADINI, du Lycée Charlemagne à Pointe Noire
Bravo à eux trois ! Vous pouvez lire leurs histoires sur ce blog, et n’hésitez pas à laisser un mot en commentaire de cet article.
Grain de riz n°62: Lectures croisées du Petit Prince
Le lundi 20 mars, journée internationale de la Francophonie, le LFI Marguerite Duras invitait une cinquantaine d’élèves des classes bilingues vietnamiennes du collège Trần Văn Ơn. Cette rencontre avec les élèves de nos cinq classes de Sixièmes s’est déroulée en trois temps:
- Une lecture, légèrement théâtralisée, de quelques extraits du Petit Prince où alternaient le texte français et sa traduction vietnamienne, par des groupes de lecteurs des classes de 6A, 6B, 6E. Pour les curieux, voici le script de ces lectures croisées: chap 8, chap 10 (extrait 1), chap 10 (extrait 2), chap 11, chap14, chap 21
- Quelques vidéos réalisées à partir de rédactions ayant pour sujet un chapitre inédit du Petit Prince, réalisées par des élèves de 6C et 6D. Vidéos accessibles au lien suivant:
- Une conférence de M. Dai, le traducteur en vietnamien du Petit Prince, suivie d’un échange avec le public
La rencontre s’est conclue par un échange de dessins entre les élèves, dont quelques uns défilent pêle-mêle dans le diaporama ci-dessous, puis un déjeuner à la cantine.
Et nous sommes heureux d’avoir reçu de la part des élèves du collège Trần Văn Ơn ce très bel album réalisé par leurs soins, et dont voici quelques pages:
Merci à eux! Cảm ơn rất nhiều
LAM Xuân Tho et Fabien GIARD
Grain de sel n° 21: Côn Sơn
La prison de Côn Sơn est composée d’une rangée de plusieurs dizaines de cellules affreuses, sales et étroites. Devant chaque cellule, il y a les compartiments propres et ventilés des geôliers français. Les cellules demeurent à l’air libre. Ce qui ressemble à un avantage est en fait un malheur, les détenus passent l’entièreté de la journée à rôtir sous le soleil tropical de l’île. C’est une construction intentionnelle, les cellules n’ont pas de toiture afin de torturer les prisonniers. Malgré cela, les captifs des geôles extérieures se réjouissent de ne pas être dans les chuồng cọp, des cages de barbelés pointus faites pour tigres, celles-ci ne font pas plus d’un mètre de haut. Les prisonniers y sont entassés, assis le dos courbé pour ne plus jamais sortir, ceux qui sont enfermés là sont battus régulièrement et privés d’eau.
La prison est isolée du monde à deux cents kilomètres de la côte vietnamienne. Les Français y enferment les rebelles jugés trop dangereux pour le gouvernement colonial. Je réside dans l’une des cellules externes, cela fait peut-être quatre mois que je suis enfermé. Je me sens malgré tout privilégié de ne pas être dans les cages à tigres. Une fenêtre à barreaux troue la paroi arrière de chaque cellule. Mes journées sont gaspillées debout devant l’ouverture à regarder l’océan, unique lueur d’espoir dans cette oubliette.
Je n’ai plus la notion du temps. Seul, le calendrier que je vois à travers les persiennes du compartiment des gardiens me donne une idée du jour. On m’a exilé car j’ai attaqué un soldat français dans un marché avec une barre de fer. On enferme ici également les opposants politiques ; dans la cellule adjacente à la mienne est Tôn Đức Thắng, second président du nord Vietnam. Thắng a été déporté en même temps que moi à Côn Đảo. Je bavarde avec lui durant les nuits où la plage est invisible. À l’aube, la vue de l’océan offre une connexion avec les esprits, c’est pourquoi j’y suis si attaché. Les vagues me communiquent l’espoir qu’un jour, je serai sauvé par une force divine. Cette pensée me donne du courage, grâce à elle, mes jambes me supportent encore.
Aujourd’hui le calendrier des Français montre le 11 Juillet 1929. Pendant que je me meurs lentement à observer l’horizon à travers les barreaux de fer, soudain, l’intersection nette de l’océan et des cieux se met en mouvement. L’horizon s’élève doucement et un énorme barrage d’eau semble s’approcher. Rapidement, le phénomène augmente considérablement de taille. Une gigantesque masse d’eau s’approche de la côte. Je la vois déferler sur la plage, se ruant vers la prison à toute vitesse. Serait-ce possible ? L’esprit de l’eau, la déesse Thủy vient à mon secours. En un instant, sa vague inonde ma cellule et m’emporte par delà le toit découvert.
Perdu dans le courant, arbres et bâtis me broient sur mon chemin vers la liberté. Je tombe inconscient momentanément pour plus tard reprendre mes esprits sur un rivage de l’archipel. L’île n’est pas déserte, en marchant un peu, je pourrai apercevoir un village et m’évader.
Anthony DALLOT
Grain de sel n° 20: Du vrai et du faux
Anthony Dallot, élève de Terminale A, donne ici un aperçu d’une des Méditations métaphysiques de Descartes:
Les Méditations métaphysiques est une œuvre composée de six méditations philosophiques par René Descartes. La quatrième méditation nommée “du vrai et du faux” débute par un questionnement sur la volonté de Dieu. En effet, Descartes se demande pourquoi Dieu ne l’a pas créé parfait mais plein d’imperfections. D’abord, selon lui, “on ne doit pas considérer une seule créature séparément”, il ne faut donc pas prendre un individu en particulier comme référence mais le monde humain dans sa globalité. En effet, une chose singulière “pourrait […] sembler fort imparfaite si elle était seule dans le monde”. Son idée est que le but de Dieu n’est pas de créer l’humain parfait mais de créer le monde parfait, et par conséquent, les défauts humains sont peut-être nécessaires pour créer ce monde idéal.
Descartes se questionne ensuite à propos de la liberté de choix (ce qui est pour lui équivalent à la volonté). Il dit que nous pouvons affirmer n’importe quelle chose, vraie ou fausse, cela nous confère une grande liberté de choix. Cependant, Descartes dit de sa volonté qu’elle est loin d’être sans défaut car Dieu n’a créé personne parfait. Il décrit son intelligence, sa mémoire comme “très petite et bornée” et celle de Dieu comme “immense et infinie”. Par contre, il prétend que Dieu lui a donné la capacité divine du libre arbitre qui “consiste seulement en ce que nous pouvons faire une chose ou ne pas la faire”. Cette volonté, ce libre arbitre est grand : “Il n’y a que la seule volonté, que j’expérimente en moi être si grande”. S’ensuit la définition de la liberté: pour Descartes, la liberté se définit par la liberté de choix. Ainsi, pour être libre, il est nécessaire de connaître le bien et le vrai.
Pour finir sa méditation, Descartes dit qu’il faut se rendre compte de ses erreurs de jugement sans pour autant blâmer sa capacité à juger, c’est-à-dire son libre arbitre, sa volonté. Il dit que chaque fois qu’il commet une erreur de jugement, ce n’est pas la faute de Dieu qui lui a donné un libre arbitre, mais la sienne car il ne connaît pas tous les éléments lui permettant de choisir. Selon lui, juger implique à la fois la connaissance d’une part, et la volonté d’autre part.
Anthony DALLOT







































































































































